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Interview d’une Amie – Dilara Arslan

Retrouvez cet interview dans la Lettre N°7 [1] envoyée aux adhérents des Amis de la Tour du Valat.

Entre 2012 et 2018, Dilara Arslan a étudié les amphibiens et les reptiles du Delta du Gediz avec le soutien de la Tour du Valat, de Doğa Derneği (ONG turque de conservation de la biodiversité) et de l’université d’Ege. À côté de son activité de recherche, elle s’intéresse aussi à l’observation ornithologique et à la photographie naturaliste.

Cette année, les Amis de la Tour du Valat lui ont offert une bourse afin qu’elle puisse participer à la 4e Conférence sur les sciences de la conservation en Méditerranée

 

Quand avez-vous visité la Tour du Valat pour la première fois et à quelle occasion?

 

Ma première rencontre avec la Tour du Valat a eu lieu en Turquie en 2012, lors d’une réunion avec Doğa Derneği. Pour cette réunion, une chercheuse de la Tour du Valat s’était rendue en Turquie afin de discuter des problèmes du Delta du Gediz et de planifier un programme de recherche pour ce Delta.

À cette époque, j’étais en 2ème année d’université et j’avais 20 ans. Au cours de cette réunion, tous ont parlé de la flore du delta du Gediz. Je fus la première à défendre l’opinion selon laquelle nous devrions mettre en place un inventaire des reptiles et amphibiens du delta du Gediz. Il n’y avait alors aucune recherche en ce domaine et nous ne connaissions pas les espèces de ce Delta. Mes idées et mes suggestions ont impressionnées et c’est ainsi que j’ai commencé à étudier le Delta du Gediz en collaboration avec la Tour du Valat et Doğa Derneği.

Quelle a été votre première impression?

 

J’ai été très impressionnée lorsque j’ai constaté que la Tour du Valat avait mené de nombreuses activités de conservation dans le Delta de Gediz, qui fait face à une forte pression d’urbanisation dans mon pays. Ces études ont été poursuivies pendant longtemps par la Tour du Valat, ce qui a été une surprise pour moi. Je suis très heureuse de connaître cette collaboration entre les deltas du Gediz et de la Camargue.

 

Quel est votre meilleur souvenir à la Tour du Valat?

 

J’ai fait mon premier travail de terrain scientifique en herpétologie avec un scientifique de l’équipe de la Tour du Valat. Ce fut un grand moment dans ma vie. Nous avons observé des serpents, des grenouilles et des lézards. J’ai appris beaucoup de choses sur la méthodologie scientifique. Jusque-là, je n’avais pas pu participer à un travail de terrain en herpétologie en Turquie. Mais mon plus grand rêve est de devenir chercheuse en herpétologie en Turquie. Ce travail sur le terrain est une première étape dans la réalisation de mon rêve.

 

Quelle a été votre meilleure rencontre à la Tour du Valat?

 

Ma plus belle rencontre fut quand j’ai attrapé et observé une cistude (Emys orbicularis) dans le delta de Camargue, qui s’est avérée être plus vieille que moi.

 

Quelles espèces emblématiques de la Camargue préférez-vous?

 

Je pense que je vais choisir les taureaux et les chevaux Camargue.

 

Pourquoi avez-vous rejoint l’Association des Amis de la Tour du Valat?

 

La Tour du Valat est le centre de recherche le plus important dans l’étude de la conservation des zones humides en Méditerranée. En outre, elle collabore beaucoup avec les pays en développement pour conserver également des zones humides qui ne sont pas en France. C’est pour cette raison que je me joins aux Amis de la Tour du Valat. Je me définis comme une amie de la Tour du Valat de Turquie.

 

Avez-vous des conseils ou des messages à transmettre aux générations futures qui viendront passer du temps à la Tour du Valat?

 

Je pense que la Tour du Valat a une mission importante dans la protection des zones humides de méditerranée. Elle a mené une action très sérieuse pour protéger le delta de Camargue. Je peux juste dire que si quelqu’un pense être un écologiste sensible au sort des zones humides, il devrait rencontrer et collaborer avec les équipes de la Tour du Valat.